Les 8 et 9 avril 2022 s’est déroulé la 16ème édition de la Eucor English Trinational MA and PhD Conference, conférence annuelle organisée par le réseau Eucor English. Après le report d’un an de la précédente édition en raison de la pandémie, édition qui a finalement été organisée en ligne, la conférence a cette année de nouveau pu avoir lieu en présentiel. C’est le département d’anglais de l’université de Bâle qui a accueilli la conférence. Dans le cadre d’un programme intensif de deux jours, les étudiants et doctorants ont pu présenter leurs recherches à la manière d’une conférence devant une large audience et discuter avec des collègues des départements participants de Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Strasbourg et Mulhouse.

Stefanie Heeg

Cela leur a permis non seulement de profiter de l’expertise disciplinaire des enseignantes et enseignants des quatre universités participantes, mais aussi de se faire une idée des différentes orientations disciplinaires et des pratiques spécifiques en matière de recherche, d’enseignement et d’apprentissage dans les départements représentés. Les contributions n’étaient pas seulement consacrées à la littérature et à la linguistique, mais aussi à l’histoire, aux sciences politiques, à la photographie, aux food studies et aux sciences du cinéma et des médias. La diversité des axes de recherche a largement contribué à faire de l’échange intensif avec des étudiants et doctorants des trois pays un véritable enrichissement. La manifestation s’est terminée par une conférence plénière de la professeure Gwen Cressman (Strasbourg) sur le thème « Borders beyond Nationalist Narratives in North-American Photography », un sujet malheureusement de nouveau très actuel au regard des circonstances. Un dîner commun a réuni tous les participants dans une atmosphère conviviale.

Pouvoir étudier, mener des recherches et enseigner au niveau transfrontalier, telle est la vision qu’incarne le groupement universitaire Eucor – Le Campus européen. À l’occasion d’une visite de deux jours dans la région transfrontalière de Strasbourg-Kehl, Winfried Kretschmann, ministre-président du Bade-Wurtemberg, ainsi que des membres de son gouvernement et des élus du parlement du land ont rencontré le 31 mars des représentantes et représentants du groupement Eucor – Le Campus européen à l’Université de Strasbourg. Outre les rectrices et présidents des cinq universités membres d’Eucor, des hauts représentants français de la région Grand Est, de l’Eurométropole et de l’académie de Strasbourg ont également participé aux échanges consacrés au développement d’Eucor.

Avec la création de quatre chaires transfrontalière, Eucor – Le Campus européen mène à bien un projet pionnier au niveau européen

Staatsministerium Baden-Württemberg/Jana Höffner
« Le groupement universitaire Eucor réunit cinq excellentes universités de trois pays différents. Ensemble, dans la région du Rhin supérieur, nous menons des recherches sur des problématiques importantes pour l’avenir : dans le domaine de la médecine personnalisée, de la technologie quantique, du développement durable et des identités européennes – sur des sujets si essentiels que nous ne pouvons trouver les meilleures solutions qu’ensemble », a déclaré le ministre-président Winfried Kretschmann. « Avec Eucor, nous pouvons affirmer notre position de leader dans l’espace européen de la recherche et de la formation. Et renforcer la capacité d’innovation, la compétitivité et la prospérité ici, dans la région frontalière. Eucor est ainsi un exemple tangible d’intégration européenne. Pour une Europe qui n’est pas seulement un espace scientifique et économique, mais aussi et surtout une communauté de valeurs. Portée par la liberté, la démocratie et l’État de droit. Et un projet de paix historiquement unique. Nous nous en rappelons tout particulièrement ces jours-ci. »

« (…) Après 30 ans de coopération académique réussie, je suis convaincu qu’Eucor a fait la démonstration de l’intérêt de développer les synergies entre les établissements à l’échelle d’un territoire transfrontalier dans un cadre européen. L’espace du Rhin supérieur constitue un véritable bassin dans lequel identités, cultures, économies, mobilités dépassent les frontières. (…)“s’est exprimé Jean Rottner, président de la région Grand Est.

Au cœur de cette rencontre se trouvait le projet de mettre en place quatre chaires binationales lancé par les universités membres d’Eucor – Le Campus européen. Le coup d’envoi de ce projet a été donné par la création d’une chaire binationale au Karlsruher Institut für Technologie (KIT) et à l’Université de Strasbourg dans le domaine d’avenir de l’informatique quantique. La première titulaire de cette chaire est la professeure Anja Metelmann, qui effectuait ses recherches auparavant à Berlin. Depuis février 2022, elle mène ses recherches et enseigne au KIT dans le cadre de l’axe stratégique d’Eucor en Sciences et technologies quantiques, mais enseignera et dirigera prochainement une unité de recherche en parallèle à l’Université de Strasbourg. La dimension transfrontalière de cette chaire, projet-pilote du groupement universitaire du Rhin supérieur, est unique en son genre et sous cette forme en Europe. Une deuxième chaire binationale sera créée par le KIT et l’Université de Haute-Alsace (UHA) avec pour intitulé Digital Process Engineering for Sustainable Materials and Energy.

Staatsministerium Baden-Württemberg/Jana Höffner
Grâce à cette chaire transfrontalière, le KIT étendra son offre de formation à partir du deuxième semestre de l’année universitaire 2022/23. L’Université de Fribourg-en-Brisgau conjuguera pour sa part ses compétences avec celles des universités de Strasbourg et de Bâle dans le domaine des identités européennes, un autre axe stratégique d’Eucor. Avec la création prochaine d’une chaire transfrontalière en lettres anglaises et d’une autre en droit, le Rhin supérieur comptera alors quatre chaires transfrontalières.

« Avec les quatre chaires transfrontalières prochainement créées, Eucor est parfaitement positionné pour faire progresser la recherche en commun sur des thèmes socialement importants de notre époque », a déclaré la ministre des Sciences Theresia Bauer.


Un pôle de formation et de recherche de premier plan dans le Rhin supérieur

Du côté français, le président de la région Grand Est ainsi que la rectrice déléguée de l’académie de Strasbourg ont participé à l’échange politique portant sur Eucor – Le Campus européen. Côté allemand, le ministre-président était accompagné d’une délégation de hauts représentants politiques du land de Bade-Wurtemberg, dont la ministre des Sciences, le ministre de l’Intérieur, la ministre de l’Environnement, la ministre de la Justice et la ministre du Développement régional et du Logement.

« Le soutien du land de Bade-Wurtemberg à notre groupement trinational revêt une importance cruciale. J’adresse tout particulièrement mes remerciements au ministre-président Kretschmann, qui, à la suite de la rupture des négociations visant à un accord-cadre entre l’UE et la Suisse, continue de s’engager personnellement pour que les relations ne se dégradent pas et pour que Berne et Bruxelles parviennent, dans l’intérêt de la science, à un accord. Vielen Dank et merci ! », a déclaré la professeure Andrea Schenker-Wicki, présidente d’Eucor et rectrice de l’Université de Bâle.

La mise en place des chaires binationales n’aurait pas été possible sans l’appui du land de Bade-Wurtemberg. C’est en effet grâce au soutien financier du ministère des Sciences, de la Recherche et des Arts que l’Université de Fribourg-en-Brisgau et le KIT sont en mesure de créer en tout quatre chaires transfrontalières en coopération avec les universités partenaires en France et en Suisse.

Le professeur Holger Hanselka, président du Karlsruher Instituts für Technologie a ajouté : « Il y a trois ans, nous adoptions un plan stratégique commun pour la période 2019-2023, dans lequel nous définissions nos axes stratégiques. Aujourd’hui, nous sommes très fiers d’avoir pu mettre en place dans le Rhin supérieur un pôle transfrontalier de formation et de recherche grâce au programme doctoral QUSTEC (sciences et technologies quantiques) et à la nouvelle chaire binationale en informatique quantique ».

Les cinq universités membres d’Eucor – Le Campus européen expriment leur solidarité avec le peuple ukrainien et condamnent l’attaque militaire de la Russie contre l’État ukrainien souverain, sa société civile et la paix en Europe.

« Nous sommes aux côtés des victimes et des réfugiés et soutenons les nombreuses initiatives lancées au sein de nos universités pour leur venir en aide. Nos actions sont fondées sur les principes d’ouverture, de tolérance et d’échanges transfrontaliers. La situation actuelle nécessitera un engagement encore plus fort pour illustrer nos valeurs », souligne Andrea Schenker-Wicki, présidente d’Eucor et rectrice de l’Université de Bâle.

Les universités membres d’Eucor font preuve d’une grande compassion et solidarité face à la guerre en Ukraine. Veuillez trouver ci-après une vue d’ensemble des messages portés par les directions des universités :

Plus d’information sur des conférences, interviews d’experts et manifestations au sein des universités membres (la liste est continuellement actualisée) :

Université de Strasbourg :

Université de Fribourg-en-Brisgau :

Université de Bâle :

Karlsruher Institut für Technologie (KIT) :

  • Le KIT a mis en ligne un portail d’information qui répond aux questions importantes concernant la guerre en Ukraine pour les étudiants, les chercheurs et les réfugiés.

To support displaced Ukrainian researchers and students, Eucor – The European Campus has compiled an overview of the national initiatives offered in Germany, France and Switzerland, as well as to some European and Global initiatives. Last update on April 20th 2022.


Un début d’année 2022 ambitieux et tourné vers l’avenir : le 1er janvier, la France prend la présidence du Conseil de l’UE sous le signe de la devise « Relance, puissance, appartenance ». Mi-février, la Commission lance sa stratégie européenne en faveur des universités. Celle-ci souligne que les grands défis de notre époque – le changement climatique, la transformation numérique et la crise sanitaire mondiale, pour n’en citer que quelques-uns – ne peuvent être relevés qu’ensemble. À la croisée entre éducation, recherche et innovation, les établissements d’enseignement supérieur ont une importante pierre à apporter à l’édifice en vue d’une Union européenne plus verte, plus inclusive et plus numérique. Le Forum des universités pour le futur de l’Europe, qui s’est tenu les 25 et 26 janvier, avait pour ambition de discuter avec les 41 universités européennes, Eucor – Le Campus européen, l’Université de la Grande Région et d’autres groupements universitaires régionaux du rôle des universités dans l’Europe de demain et d’esquisser des idées pour les universités de demain.

Manuel Morgado, doctorant à l’université de Strasbourg dans le cadre du programme international de formation doctorale QUSTEC (Quantum Science and Technologies at the European Campus) ainsi que Franziska Schrön, étudiante en double master franco-allemand en droit, se sont rendus à Paris pour Eucor en tant que rapporteurs.

Madame Schrön, Monsieur Morgado, vous étiez parmi les quinze étudiants et doctorants venant de toute l’Europe qui ont participé au forum à Paris. Quelle était votre mission dans le cadre de l’événement ?

Manuel Morgado : Ma mission consistait à participer, en tant qu’étudiant rapporteur, à un atelier sur les programmes et diplômes communs.

Avez-vous pu échanger avec des étudiants et doctorants d’autres alliances lors du forum ?

Manuel Morgado : Oui, en effet. L’échange et l’interaction avec les participants venants des autres alliances étaient pour moi l’un des aspects les plus intéressants de la manifestation. Qu’il s’agisse d’étudiants ou de doctorants, des personnes issues de diverses disciplines scientifiques, non seulement des sciences naturelles (comme dans mon cas), mais aussi de divers domaines des sciences humaines étaient représentées.

En échangeant sur les défis propres à chaque pays, à chaque université et même à chaque culture, de toutes nouvelles perspectives se sont ouvertes à nous.

Quels sont, d’après vous, les grands défis européens en vue de l’université de demain ?

Franziska Schrön : L’université de demain doit être une université durable, qui se trouve en dialogue avec et au service de la société afin de former des individus aptes à répondre aux enjeux contemporains, comme le changement climatique, les flux de population ou la montée du nationalisme, qui constitue, selon mon avis, la menace la plus importante pour la coopération européenne.

Manuel Morgado : Pour moi, l’un des plus grands défis de l’Europe est de stimuler les universités à s’accorder sur des valeurs et des principes communs ainsi que sur le respect et la tolérance. Une répartition équilibrée des ressources financières et une réduction des formalités administratives pourraient favoriser une croissance de la mobilité et l’utilisation des programmes transfrontaliers. Enfin, il est très important de standardiser les diplômes et les programmes universitaires afin qu’à l’avenir, les diplômes soient reconnus dans tout l’espace européen et, pourquoi pas, dans le monde entier.

Votre participation au forum a-t-elle changé votre vision de la région trinationale du Rhin Supérieur ?

Franziska Schrön : Pendant la participation au Forum et en échangeant avec les étudiants d’autres alliances, je me suis aperçue d’atouts concrets de la région trinationale du Rhin Supérieur : d’autres alliances sont constituées d’un nombre plus important d’universités partenaires, allant parfois jusqu’à 12. La proximité culturelle et géographique dans la région du Rhin Supérieur permet plus de mobilité dans un temps réduit et un échange plus intense car les régions peuvent faire face à des enjeux similaires bien que la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne.

Ma participation au forum m’a incitée à plus m’investir au niveau de l’alliance Eucor, ou au niveau d’EPICUR, pour établir un échange entre les étudiantes et étudiants et permettre une plus grande visibilité au niveau régional à ces projets.

Plus d’informations :

Tu souhaites suivre un cours dans une université membre d’Eucor, que ce soit à Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Mulhouse, Colmar, Karlsruhe ou Strasbourg, mais tu ne sais pas comment trouver l’offre qui correspond à ton projet ? Grâce nos tutoriels, tu trouveras de nombreuses informations utiles sur les calendriers universitaires, les différents types de cours, les interlocuteurs ainsi que la voie la plus facile pour trouver le cours recherché. Tu apprendras étape par étape comment trouver l’information souhaitée dans chacune des cinq universités.

Tu souhaites partir en mobilité Eucor

N’hésite pas à consulter notre page dédiée pour plus d’informations et de liens concernant la mobilité libre au sein d’Eucor.

Pour la cinquième année consécutive, Eucor – Le Campus européen a sélectionné des projets conjoints des universités membres dans les domaines de la formation ainsi que de la recherche et de l’innovation afin de cofinancer leur mise en place. À cette fin, un budget annuel de 300 000 euros est mis à disposition du groupement par les universités dans le but de favoriser la mise en réseau des scientifiques grâce au dispositif Seed Money.

Deux projets dans le domaine de la formation et sept projets dans le domaine de la recherche et de l’innovation seront financés au cours de la cinquième période de financement du dispositif Seed Money d’Eucor – Le Campus européen. L’Assemblée du groupement universitaire s’est prononcée quant aux projets sélectionnés le 14 décembre 2021, sur la base des recommandations d’expertes et experts des cinq universités membres.

Voici les projets qui bénéficieront d’un financement par Seed Money en 2022 :

Catégorie « Formation »

Catégorie « Recherche et innovation »

1. Physical Sciences & Engineering

2. Life Sciences

3. Social Sciences & Humanities

Dans quelle mesure ma ville est-elle favorable au vélo ? Les transports publics sont-ils bons ? Qu’en est-il de la pollution sonore pour les résidents? Un nouveau site web développé dans le cadre du projet Interreg SuMo-Rhine fournit des informations sur ces aspects et bien d’autres liés la mobilité durable dans 36 communes de la région du Rhin supérieur.

Une mobilité qui porte le moins possible atteinte à l’environnement, est abordable, répond aux exigences sociales comme par exemple l’accessibilité pour tous et qui est économiquement viable – c’est ainsi que les scientifiques impliqués dans le projet Interreg SuMo-Rhine définissent la mobilité durable. « Nous nous référons à la définition de la durabilité des Nations unies, qui, outre la dimension écologique, intègre également une dimension sociale et une dimension économique dans la notion », explique Nora Baumgartner, coordinatrice du projet SuMo-Rhine à l’Institut franco-allemand de recherche sur l’environnement du Karlsruher Institut für Technologie.

Depuis mi-2018, des scientifiques des universités allemandes et françaises d’Eucor collaborent avec l’université de Coblence-Landau, la ville de Lörrach et l’école d’architecture ENSAS de Strasbourg sur la question de savoir comment mesurer et évaluer la mobilité durable et comment les municipalités peuvent en tirer des conclusions en vue d’une offre de mobilité plus durable. « La coopération avec les partenaires de la pratique a été un élément central de notre projet Interreg. Nous avons régulièrement demandé où étaient les besoins et ce qui était à la fois pertinent et réalisable dans la pratique », indique Nora Baumgartner.

Un des résultats de ce projet, qui arrive désormais à son terme, est le site web KINaMO (« kommunales Informationssystem für nachhaltige Mobilität », soit « système d’information municipal pour la mobilité durable »). KINaMO permet aux responsables des villes et des communes, mais aussi aux citoyennes et citoyens, de s’informer sur la mobilité durable au niveau local et également de l’évaluer par comparaison avec d’autres municipalités. Sur la base d’un système d’indicateurs très complet, divers aspects tels que l’accessibilité pour les piétons, les émissions ou l’exploitation de l’espace des municipalités sont présentés, avec au final la possibilité de comparer également au niveau transfrontalier.

« On peut sélectionner une ville et consulter individuellement les indicateurs, chacun d’entre eux étant décomposé en chiffres clés. Par exemple, l’indicateur « transports publics » se compose du nombre d’arrêts et du temps de circulation ainsi que de cinq autres chiffres clés. De cette manière, on peut découvrir le système de mobilité local et, en même temps, le comparer avec d’autres dans la région. »

Ce système d’indicateurs n’a pas été développé uniquement pour le site web. Nora Baumgartner explique comment il a aussi été appliqué dans le cadre de mesures concrètes prévues dans le projet. « Nous avons choisi comme étude de cas l’extension transfrontalière de la ligne de tram numéro 3 de Bâle à Saint-Louis. À long terme, notre travail devrait également toucher la population de manière très concrète en venant soutenir les concepts de mobilité municipaux. »

Pour consulter le site KINaMO.

À l’occasion d’une summer school de quatre jours, les doctorantes et doctorants du programme QUSTEC se sont réunis du 14 au 17 septembre 2021 dans la ville suisse d’Engelberg pour un mélange d’échanges scientifiques, d’exposés et de socialisation dans un cadre montagneux à couper le souffle. Organisé par l’université de Bâle en coopération avec IBM Research – Zurich, l’événement a permis à quelque 60 chercheurs venus d’Allemagne, de France et de Suisse de se rassembler dans le cadre du projet QUSTEC.

Carlo Ciaccia, Daniel Miller et Grazia Raciti effectuent leur doctorat à Bâle et font partie de l’équipe en charge de l’organisation de cette summer school.

M. Ciaccia, après tant de visioconférences, quel effet cela fait-il de rencontrer enfin les autres doctorants du programme QUSTEC ?

Carlo Ciaccia (Université de Bâle) : C’était vraiment agréable, non seulement parce que c’était une des premières rencontres en personne après une longue période de restrictions, mais aussi parce que j’étais vraiment curieux de rencontrer enfin les autres doctorants du programme QUSTEC en personne.

Mme Raciti, quelle partie de la summer school vous a le plus plu ?

Grazia Raciti (Université de Bâle) : La partie que j’ai le plus appréciée, c’est la session d’affichage de posters. Je n’avais jamais présenté de poster avant cette summer school et j’ai trouvé cette expérience productive tant sur le plan scientifique que social. Un autre aspect que j’ai apprécié a été la possibilité d’interagir avec les professeurs. Nous avons pour habitude de lire des papiers scientifiques au sujet de notre projet et j’ai trouvé incroyable la possibilité de parler avec les auteurs de ces articles pendant un déjeuner par exemple.

M. Ciaccia, M. Miller, vous avez fait partie de l’équipe d’organisation. Quels conseils avez-vous à donner à l’équipe d’organisation de la prochaine summer school ?

Carlo Ciaccia (Université de Bâle) : Vers la fin, j’ai remarqué que les participants n’étaient pas impliqués de façon très active. La plupart du temps, nous étions assis dans la salle de conférence à écouter des interventions qui, aussi intéressantes soient-elles, ne nécessitaient pas beaucoup d’action de notre part, en dehors peut-être de poser des questions. En guise de conseil pour l’équipe d’organisation de la prochaine édition, je l’encouragerais à impliquer davantage les participants. À accorder une plus grande place à leurs exposés ainsi qu’aux activités de groupe. Ceci étant dit, organiser et participer à cette summer school a été une des parties les plus agréables de mon doctorat jusqu’ici.

Daniel Miller (IBM/Université de Bâle) : Faites ce que vous pensez être le mieux.


Au sujet de QUSTEC

QUSTEC est un programme de formation doctorale mis en place par le groupement européen de coopération territoriale (GECT) Eucor – Le Campus européen qui offre à 37 scientifiques en début de carrière des opportunités de formation exceptionnelles dans le domaine des sciences et technologies quantiques, dans un cadre hautement international, interdisciplinaire et intersectoriel. Chaque projet a une durée de 48 mois avec à la clé l’octroi d’un diplôme de doctorat.

Pour plus d’informations : www.eucor-uni.org/qustec/

Nouveau cursus en partenariat entre Fribourg et Strasbourg.

Intégrer la recherche théologique dans les études – tel est le cœur du nouveau diplôme supérieur de théologie catholique, formation qui ouvrira ses portes à la rentrée 2021/2022 au sein des universités de Fribourg-en-Brisgau et de Strasbourg.

« Ce cursus permet de faire l’expérience d’une pensée globale de façon très concrète grâce aux professeurs, au contenu des cours et aux étudiants de nationalités diverses », indique Mirjam Schambeck, franciscaine et doyenne de la faculté de théologie de l’université de Fribourg. Grâce aux connexions de l’université de Strasbourg, notamment avec des universités africaines, le diplôme est tourné vers l’international et offre aux étudiants la possibilité de découvrir et d’approfondir la théologie dans un horizon global.

« La licentia docendi, diplôme canonique, est une particularité de la théologie catholique et permet aux étudiants, à l’issue de leurs études, de s’engager plus profondément dans la recherche théologique », explique pour sa part Philippe Vallin, professeur et directeur du diplôme supérieur de théologie catholique (DSTC) du côté de l’université de Strasbourg. Ce diplôme qualifie les étudiants pour enseigner dans un séminaire ou dans un établissement de formation équivalent et sert également de préparation à un doctorat.

Les étudiants acquièrent des connaissances et des compétences théologiques spécifiques tout en tenant compte de l’orientation individuelle de leur propre travail de recherche. Ils peuvent choisir entre plusieurs spécialisations : études bibliques, histoire de l’Église, théologie systématique, éthique et théologie pratique.

Les étudiants commencent leur cursus transfrontalier dans leur université d’origine respective et font un choix entre deux options de mobilité. Soit ils rejoignent l’université partenaire à compter du troisième semestre, soit ils passent uniquement un semestre dans l’établissement partenaire, à savoir le troisième semestre pour les étudiants de l’université de Fribourg ou le deuxième semestre pour les étudiants de l’université de Strasbourg.

Les langues d’enseignement sont l’allemand, le français et l’anglais. Pour être admis au sein du cursus, il faut notamment disposer d’un diplôme universitaire validé en théologie. Côté allemand, les candidatures pour la rentrée 2021/22 peuvent encore être soumises jusqu’au 15 septembre 2021.

Pour plus d’informations sur les sites web de l’Université de Fribourg et l’Université de Strasbourg.

Tirer parti des forces communes et regrouper les compétences : tel est l’objectif dans les axes stratégiques prioritaires d’Eucor – Le Campus européen, quatre domaines au sein desquels les universités membres coopèrent de façon particulièrement étroite. Un de ces domaines se nomme « Développement durable ».

La dénomination « Développement durable » de l’axe stratégique prioritaire d’Eucor ne donne pas dans la modestie. Volontairement formulée de façon généraliste, il s’agit d’englober la coopération interdisciplinaire et multidisciplinaire des universités membres d’Eucor sur les questions liées au développement durable. « La conception de l’axe prioritaire d’Eucor s’appuie sur l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable », explique Sofia Ganter. Interlocutrice dédiée pour l’axe prioritaire d’Eucor, elle travaille au département stratégie de l’université de Fribourg-en-Brisgau, où est coordonné ledit axe. « Il ne s’agit pas que des activités de recherche conjointes portant sur les aspects écologiques. Les objectifs de l’Agenda 2030 prennent en compte les questions environnementales, mais aussi sociales et économiques. »

Outre les champs d’action classiques des universités, à savoir la recherche, l’enseignement et le transfert, Sofia Ganter s’est également penchée sur les domaines de l’infrastructure, de la gouvernance et de l’engagement social pour y déceler un potentiel en matière de coopération transfrontalière. « C’est en particulier dans le domaine de l’engagement que le développement durable se distingue des autres axes stratégiques d’Eucor. Nous avons de vastes mouvements étudiants qui s’attèlent à ce sujet d’avenir. Cela pose la question de la mise en réseau et de la manière dont nous pouvons les intégrer dans les formats existants et futurs. »

Une analyse de site et de potentiel a constitué la base pour déterminer les axes prioritaires du plan stratégique d’Eucor pour les années 2019-2023. Ladite étude a clairement montré que le développement durable était un sujet central dans les cinq universités membres du groupement Eucor – Le Campus européen. Dans le domaine de la recherche, il existe déjà de nombreux projets en coopération regroupés sous la bannière du pôle de recherche en développement durable du Rhin supérieur (« Upper Rhine Cluster for Sustainability Research »). Cela inclut par exemple des projets sur l’approvisionnement énergétique régional (RES-TMO), la mobilité durable (SuMo-Rhine) ou les apports de biocides dans les eaux souterraines (NAVEBGO).

Sofia Ganter travaille sur cet axe stratégique depuis fin 2020. La première phase de son travail a été consacrée à l’analyse, maintenant débute la mise en réseau concrète. Dans le domaine du transfert, le marché des sciences de Fribourg-en-Brisgau a déjà permis de présenter l’axe à un large public. Dans le domaine de la formation, Sofia Ganter prévoit, avec des collègues des autres universités membres d’Eucor, d’introduire dans le cadre d’un projet pilote un certificat de développement durable que les étudiants pourront obtenir s’ils se penchent pendant leurs études et en marge de leur cursus sur des sujets liés au développement durable. « Afin d’initier de nouvelles collaborations en matière de recherche, nous prévoyons un atelier exploratoire en novembre, lequel réunira les scientifiques intéressés de toutes les universités membres. Nous avons constaté que des recherches portant sur les niveaux régional et urbain très approfondies sont menées dans les universités membres, mais que celles-ci ne sont pas encore suffisamment connectées entre elles. C’est pourquoi nous avons choisi le titre « Transformative Cities » pour notre atelier », explique-t-elle. D’autres idées sont dans les tuyaux : un slam scientifique centré sur le développement durable ainsi qu’un « Sustainability Forum » prenant la forme d’un conseil ou d’un groupe de travail réunissant différents membres des universités membres et accompagnant le développement de l’axe stratégique.

Sofia Ganter se réjouit à l’idée du travail qui l’attend. « Je ne veux pas seulement rédiger des concepts et faire des recherches, même si c’est passionnant. Je veux faire quelque chose. Il y a tellement de personnes motivées autour de ce sujet dans l’espace Eucor, nous pouvons apprendre beaucoup les uns des autres et générer une véritable valeur ajoutée. »

Axes stratégiques prioritaires