Les possibilités de coopération dans le domaine de la formation entre les universités d’Eucor – Le Campus européen sont nombreuses et diverses. Une nouvelle brochure en ligne, destinée spécifiquement aux enseignants, donne une vue d’ensemble et décrit les différentes formes existantes, de la mobilité recommandée et des séminaires conjoints jusqu’aux cursus conjoints débouchant sur un diplôme délivré par une université ou avec double diplôme. Des enseignants des cinq universités Eucor y décrivent en outre la mise en œuvre et les avantages de leur coopération concrète dans des exemples de bonnes pratiques.

Brochure : Diversité des coopérations en formation

Le nouveau programme doctoral transfrontalier en immunologie EURIdoc lance un appel à candidatures pour 28 postes de doctorant. Basés au sein des universités de Bâle, Fribourg-en-Brisgau et Strasbourg ainsi que du Karlsruher Institut für Technologie et de l’hôpital universitaire de Fribourg-en-Brisgau, ces postes se concentrent principalement sur les sujets de l’hématopoïèse et du développement du système immunitaire, de l’immunité innée et adaptative et des maladies immunitaires. Tous les postes de doctorant sont à pourvoir à temps plein sur une durée de quatre ans.
Les sujets de doctorat proposés comprennent chacun deux variantes thématiques possibles. Des informations détaillées sur les conditions, la candidature et le processus de sélection sont disponibles dans le guide for applicants.
Le processus de candidature est mis en œuvre en coopération avec la Spemann Graduate School of Biology and Medicine (SGBM). Les dossiers sont à soumettre via leur outil de candidature.

La date limite de dépôt de dossier pour les candidats est fixée au 14 juin 2021.

Doctorante du Campus européen, Alessandra Colla travaille sur sa thèse en physique quantique. La physicienne fribourgeoise fait partie du programme doctoral « QUSTEC – Quantum Sciences and Technologies at the European Campus ». Dans le cadre de sa thèse, la jeune femme de 26 ans étudie l’irréversibilité et la production d’entropie dans les systèmes quantiques hors équilibre et aborde ainsi les questions essentielles de la science quantique.

Le fait qu’Alessandra Colla se consacre corps et âme à la recherche fondamentale ne fait aucun doute. « Je suis convaincue qu’elle renferme les racines de notre progrès technologique. Ce n’est qu’en découvrant et étudiant ses principes fondamentaux que nous pourrons l’utiliser pour des applications pratiques, la mise au point de machines thermiques quantiques à haut rendement par exemple », nous explique Alessandra Colla. Il n’est pas étonnant que la jeune femme, qui a obtenu son master de physique théorique à l’université italienne de Padoue, ait décidé de revenir à la recherche – plus précisément pour son doctorat – après de premières expériences professionnelles. Afin de développer ses expériences internationales, elle a cherché un programme dans un autre pays d’Europe pour franchir cette étape.

Développer des technologies performantes
Alessandra Colla vit et fait de la recherche à Fribourg-en-Brisgau depuis mars 2020 et participe au programme doctoral QUSTEC. Ce programme est porté par le groupement Eucor – Le Campus européen et s’adresse aux jeunes chercheurs et chercheures qui, comme Alessandra Colla, se consacrent à l’étude approfondie des fondements et des possibilités d’application de la science quantique. Cette dernière est considérée comme un vecteur d’espoir dans de nombreux domaines : « La science quantique fournit la théorie la plus fondamentale des phénomènes physiques », nous déclare Alessandra Colla. « Elle exploite des idées et concepts nouveaux, qui échappent souvent à toute explication intuitive. Ces idées présentent un grand potentiel pour différentes applications : calcul quantique, cryptographie sécurisée, simulation et contrôle de matériaux et réactions chimiques complexes, métrologie quantique par exemple. »

Dans le cadre de sa thèse, Alessandra Colla traite de l’irréversibilité et de la production d’entropie dans les systèmes quantiques hors équilibre. « Dans les lois fondamentales de la thermodynamique classique, l’entropie en tant que grandeur représente le degré d’incertitude sur l’état d’un système physique donné ou le degré de désordre de ce système », nous explique-t-elle. « Mais, alors que la production d’entropie est clairement définie dans la thermodynamique classique, il est extrêmement difficile, voire impossible, de la déterminer dans les systèmes ouverts complexes en régime quantique. »

L’objectif d’Alessandra Collas est donc de développer des technologies performantes permettant de conserver la production d’entropie dans les systèmes quantiques loin de l’équilibre thermique. Afin de pouvoir mieux prédire le comportement des systèmes physiques complexes, la doctorante procède entre autres à des calculs analytiques et à des simulations informatiques. À cet égard, elle essaie de combiner des concepts et méthodes issus de différents domaines, à savoir de la thermodynamique hors équilibre et de la physique statistique d’une part et de la théorie de l’information classique et quantique d’autre part. « C’est un aspect aussi fascinant que stimulant de mon travail. »

Un vaste échange de connaissances
En ce qui concerne sa motivation pour postuler à l’un des 39 postes de doctorants disponibles, notre Italienne de naissance nous déclare : « QUSTEC avait lancé un projet dont le contenu correspondait parfaitement à mon parcours universitaire. J’ai par ailleurs apprécié l’orientation interdisciplinaire du programme et le fait que QUSTEC regroupe de jeunes scientifiques issus d’universités françaises, suisses et allemandes. » Elle estime que les contacts avec des chercheurs d’autres disciplines sont importants pour élargir son horizon professionnel et garder en vue les projets et développements dans d’autres domaines. Alessandra Colla apprécie également le fait que QUSTEC ne se contente pas de promouvoir les compétences professionnelles : « Nous sommes entre autres formés au traitement des données de recherche et nous apprenons à travailler en coopération avec un grand groupe de personnes et à organiser des événements. »

La coopération au temps du coronavirus signifie souvent : tchats vidéo et visioconférences. En raison de la pandémie, toutes les réunions prévues ont dû jusqu’à présent se dérouler en ligne, y compris la manifestation inaugurale de trois jours lors du lancement du programme QUSTEC. Bien que les échanges d’idées en ligne aient fonctionné mieux que prévu, elle espère pouvoir bientôt rencontrer ses collègues en personne et en apprendre encore plus sur leurs projets, résume Alessandra Colla, qui a travaillé principalement en télétravail au cours de ces derniers mois. « Même si je peux très bien travailler depuis chez moi, je suis naturellement affectée par la restriction des communications avec mes collègues. Cela ne concerne pas uniquement les personnes du programme QUSTEC, mais surtout celles de mon groupe, ici à Fribourg. Pour moi, il est important de parler et discuter sur la physique pour pouvoir travailler efficacement. »

Kristin Schwarz

« Ce que je préfère dans mon travail ici, c’est l’esprit libre de mes superviseurs », dit Daria Sostina, doctorante du programme QUSTEC à l’Institut des matériaux et technologies quantiques (IQMT) du Karlsruher Institut für Technologie (KIT). « Travailler avec le professeur Wernsdorfer et le Dr. Philip Willke est très différent – tout ici est beaucoup plus rapide et plus avancé qu’ailleurs. Ils font certaines choses en très peu de temps, alors que d’autres personnes auraient normalement besoin de plusieurs années ». Daria apprécie particulièrement la liberté qui lui est donnée pour son travail au KIT et le fait que le professeur Wernsdorfer et son superviseur Philip Willke sont ouverts à de nouvelles idées et possibilités. « Je ne suis pas seulement une technicienne qui aide les patrons à nettoyer les chambres à vide. Je peux participer activement et partager mes idées. », dit-elle. « J’apprécie vraiment cela. »

Elle est arrivée au KIT en mars 2020, juste au moment où la pandémie de coronavirus a frappé l’Allemagne. Pour autant, elle s’est sentie chaleureusement accueillie et la transition vers son nouveau poste s’est déroulée sans heurts. « Il m’a été très utile de connaître Philip grâce à un ancien séjour de recherche en Corée du Sud et de connaître déjà son domaine de recherche », explique Daria. Native de Russie, elle s’intéressait déjà aux sciences naturelles lorsqu’elle était à l’école, mais n’a pas commencé par la physique lors de son entrée à l’université en Russie. « Au début, je me suis intéressée à la biologie et j’ai travaillé dans le domaine de l’embryologie, notamment la recherche génétique sur les vers marins ». Mais elle a vite compris que la génétique n’était pas le sujet dans lequel elle aimerait investir le reste de sa carrière scientifique. « Il n’a pas fallu longtemps pour que je me tourne vers la physique », raconte-t-elle. « Les expériences sont beaucoup plus prévisibles et je préfère ça ! » Daria a commencé à travailler sur le magnétisme pendant ses études de licence et a étudié les isolateurs topologiques et le graphène aux sources de lumière synchrotron BESSY à Berlin et SLS à l’Institut Paul Scherrer en Suisse. Après un autre séjour de recherche en Corée, où Philip Willke travaillait en tant que post-doctorant, elle a obtenu son master à la source de lumière suisse SLS.

Son projet de recherche doctorale au KIT est prévu pour durer trois à quatre ans. Sa thèse de doctorat porte sur la conception de nouvelles techniques de contrôle et de manipulation de la dynamique d’aimantation de petits dispositifs magnétiques avec des champs micro-onde. « Ce que nous désignons par « petits dispositifs » est un seul atome ou une seule molécule magnétique. L’idée est d’utiliser la microscopie à effet tunnel (STM) pour manipuler ou déplacer cet unique atome à un endroit spécifique, puis de manipuler son état magnétique, également connu sous le nom de spin, en utilisant des champs de radiofréquences », explique Daria.

Dans ses recherches, elle utilise un très petit réfrigérateur mis au point par le professeur Wolfgang Wernsdorfer, pionnier des qubits moléculaires. Ce réfrigérateur est utilisé pour refroidir à des températures très basses, de moins de 20 mK, très proches du zéro absolu. « Un aimant vectoriel supraconducteur de notre fabrication nous permet d’appliquer un champ magnétique de quelques teslas dans n’importe quelle direction. C’est essentiel pour jouer avec les qubits de spin », explique le professeur Wernsdorfer.

Ce que Daria apprécie dans le programme QUSTEC, c’est que les doctorants en Allemagne, en France et en Suisse sont censés échanger sur leurs expériences. « J’ai travaillé dans tant de pays différents, l’orientation internationale du programme a été un aspect important pour motiver ma candidature. » Une partie du programme consiste en un séjour de recherche dans un autre pays Eucor (pour Daria, ce serait donc la Suisse ou la France) pour une période de six mois. « J’espère que la situation sanitaire le permettra bientôt. J’aimerais beaucoup aller au laboratoire de recherche d’IBM à Zurich. »

Il est important de rester ouvert à toutes les possibilités, estime Daria. « Mon conseil pour les autres étudiants est de prendre des initiatives, de s’informer, de demander aux gens s’ils ont connaissance de projets – c’est comme ça que j’ai appris pour QUSTEC. » Philip Willke confirme : « Nous avons souvent des projets intéressants, pour lesquels nous cherchons les bonnes personnes avec qui travailler. Il est étonnamment difficile de trouver des doctorants au profil approprié, en particulier des candidats internationaux ayant une expérience aussi vaste que Daria. Lorsque des personnes comme Daria prennent des initiatives et nous contactent, nous sommes plus qu’heureux. » Le professeur Wernsdorfer est convaincu que des programmes comme QUSTEC donnent lieu à une situation gagnant-gagnant pour les étudiants et les instituts de recherche. « Le programme QUSTEC est une très belle occasion d’attirer d’excellents étudiants étrangers, et Daria est l’une de mes meilleures étudiantes en ce moment », commente-t-il.

Pour Daria, les choses les plus importantes sont la flexibilité et l’engagement. « Sachez ce que vous voulez, tentez votre chance, restez flexible, et ne prenez ou ne restez à aucun poste. J’ai déménagé en Suisse alors que mon groupe à Saint-Pétersbourg était formidable, mais je voulais acquérir de nouvelles expériences. Lorsque mon poste en Suisse s’est avéré ne pas être le meilleur, j’ai guetté de nouvelles opportunités… et me voilà maintenant au KIT ! »

Le 10 mai commémore le 500e anniversaire de la mort de Sebastian Brant. Personnalité littéraire de la fin du Moyen Âge, Sebastian Brant est principalement connu pour son chef d’œuvre « La Nef des fous ». L’Université de Bâle, où Sebastian Brant fut professeur de droit, lui rend hommage dans le cadre d’un cycle de conférences numériques. Ce cycle est conçu en coordination avec les activités scientifiques prévues à Strasbourg au sein du groupement Eucor – Le Campus européen.

Madame la PD Dr. Tina Terrahe, vous êtes chargée de l’organisation des activités proposées par l’Université de Bâle dans le cadre de cet anniversaire. Qui était exactement Sebastian Brant ?
PD Dr. Tina Terrahe : Sebastian Brant était un auteur de textes en langue allemande, mais également de poèmes en latin et d’ouvrages juridiques, il s’est aussi occupé de politique. Il est né à Strasbourg en 1457. Il fit ses études à Bâle, où il devint l’un des érudits les plus éminents de l’université. Il y exerça non seulement en qualité de professeur de droit, mais également en tant que doyen, tout en poursuivant ses activités d’expert, d’avocat et de juge à Bâle. Il revint à Strasbourg en 1501, où il exerça une influence considérable au niveau politique en qualité de secrétaire de la ville. Il déploya ses activités littéraires principalement à Bâle, ses dernières années à Strasbourg furent plus consacrées à la politique et – pour autant que l’on sache – cette fonction lui laissait peu de temps pour des activités créatrices.

Quelle est l’importance de Sebastian Brant pour la région du Rhin supérieur jusqu’à aujourd’hui ?
Du fait de ses longues années d’activité et de travail à Strasbourg et à Bâle, il représente encore aujourd’hui un lien entre la Suisse et la France – sa position en Suisse est peut-être un peu plus difficile car il quitta le pays lorsque la ville de Bâle se rangea du côté des Confédérés. Mais il me semble que c’est en Allemagne qu’il suscite le plus grand intérêt ; peut-être parce que c’était le plus grand marché pour ses œuvres en langue allemande à l’époque. La Nef des fous – probablement l’œuvre la plus célèbre de son temps – intéressait également, malgré sa profondeur littéraire, la population normale, sans formation littéraire particulière, et c’est encore le cas aujourd’hui.

Le cycle de conférences traitera de l’œuvre majeure de Brant, la Nef des fous, mais aussi de l’imprimerie. Quel est le contexte de cet axe thématique ?
L’imprimerie était très récente à l’époque et commençait à remplacer l’écriture manuscrite médiévale traditionnelle. À côté de ses activités littéraires, Brant lui-même était un éditeur très actif. Il travaillait en étroite collaboration avec les imprimeurs bâlois, faisait des expériences au niveau de la mise en page et a établi des références dans l’histoire des médias.

Quelles sont les autres activités scientifiques prévues pour cette année anniversaire ?
C’est peut-être une heureuse coïncidence du point de vue du groupement Eucor que le Prof. Dr. Nikolaus Henkel de Fribourg-en-Brisgau soit justement un éminent spécialiste de Sebastian Brant de sorte que trois universités Eucor (Bâle, Fribourg-en-Brisgau et Strasbourg) se consacrent désormais à cet événement en étroite concertation et dans le cadre de manifestations communes. En plus du cycle de conférences numériques à Bâle, qui débutera le 3 mars prochain, un congrès scientifique est prévu du 10 au 11 mai à Strasbourg. Une exposition sera en outre organisée (dans la mesure où la pandémie le permet) au Kunstmuseum de Bâle (08/05 – 05/09/2021). Un projet de recherche en ligne « Narragonien digital. Textes numériques des ‚Nefs des fous‘ européens du XVe siècle » (www.narragonien-digital.de) ainsi que d’autres soirées/conférences, une visite guidée de la ville et une excursion sont également au programme.

Informations sur le cycle de conférences et les autres activités

Eucor – Le Campus européen bénéficie d’un financement franco-allemand.

Comment le territoire de Fessenheim peut-il devenir une région d’innovation suite à la fermeture de la centrale nucléaire ? Eucor – Le Campus européen et le « Cluster de recherche en durabilité dans le Rhin Supérieur » (URCforSR) élaboreront une étude de faisabilité avec des options d’investissement concrètes d’ici la fin 2021. Le 11/01/2021, l’État français, la Région Grand Est, le ministère fédéral allemand de l’Intérieur, de la Construction et du Territoire, et le ministère de la Science, de la Recherche et des Arts du Bade-Wurtemberg ont signé un accord de financement de 800 000 euros pour la réalisation de l’étude. Elle s’inscrit pleinement dans le Projet de territoire de Fessenheim signé le 01/02/2019 par les partenaires français et allemands qui vise notamment à faire de ce territoire un modèle d’innovation pour l’industrie et les énergies du futur.

« L’étude de faisabilité encourage le développement d’idées qui adoptent une approche holistique. Nous voulons développer le territoire de Fessenheim, ainsi que la région environnante du Rhin supérieur, pour en faire une région économique neutre en carbone. », déclare le Pr. Dr. Barbara Koch, directrice générale du Cluster de recherche en durabilité dans le Rhin Supérieur (URCforSR) et professeure de télédétection et systèmes d’information du paysage à l’Université de Fribourg-en-Brisgau.

« L’avenir du territoire de Fessenheim est dans la collaboration transfrontalière. », souligne le Pr. Alain Dieterlen, vice-président valorisation de l’université de Haute-Alsace et vice-président d’Eucor – Le Campus européen. « Je suis ravi que nous recevions un soutien financier équivalent de la part de la France et de l’Allemagne pour notre étude. Notre objectif commun est de rendre le territoire du Rhin supérieur attractif pour les entreprises dans une perspective durable pour l’innovation et l’emploi. ».

Les chercheurs participants des universités de Fribourg-en-Brisgau, de Haute-Alsace et de Strasbourg, ainsi que le Karlsruher Institut für Technologie (KIT) et le Fraunhofer-Institut pour les systèmes d’énergie solaire ISE travaillent en étroite collaboration avec des partenaires industriels allemands et français. « C’est précisément un avantage majeur de l’étude. La coopération intensive entre l’industrie et la science augmente les chances de développer des opportunités d’investissement concrètes pour le territoire de Fessenheim et d’accroître la compétitivité de la région dans son ensemble. », déclare le Pr. Dr. Thomas Hirth, vice-président pour l’innovation et les affaires internationales du Karlsruher Institut für Technologie et vice-président d’Eucor – Le Campus européen.

Quatre groupes de compétences franco-allemands travailleront ensemble sur l’étude de faisabilité. Trois d’entre eux, œuvrant dans les domaines des batteries vertes et du recyclage des batteries (dimension d’économie circulaire), des réseaux électriques intelligents (appelés « smart grids ») et de l’hydrogène, développeront des projets pilotes concrets qui pourront être implantés sur le territoire de Fessenheim. Un quatrième groupe s’occupera quant à lui des défis sociaux, juridiques et environnementaux liés à ces projets pilotes. Sur cette base, Eucor – Le Campus européen et URCforSR élaboreront une feuille de route pour la réalisation et le financement des projets pilotes.

Dans le Traité de coopération et d’intégration franco-allemand d’Aix-la-Chapelle, l’Allemagne et la France ont convenu de poursuivre ensemble le développement de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim, située à la frontière franco-allemande, après sa fermeture en juin 2020. Ils visent à développer conjointement des projets dans le domaine de la mobilité transfrontalière, de la transition énergétique et de l’innovation au travers d’un parc d’activités économiques et d’innovation franco-allemand.

Informations générales sur URCforSR :
Les membres du Cluster de recherche en durabilité dans le Rhin Supérieur (URCforSR) sont les universités du réseau d’Eucor auxquelles s’ajoutent des écoles d’ingénieurs et des universités de sciences appliquées (l’alliance TriRhenaTech), des instituts de recherche et des entreprises en tant que partenaires associés. Les activités du Cluster s’organisent autour de la thématique transversale de la « gouvernance et croissance durable ». La recherche transfrontalière et interdisciplinaire devrait profiter à la société grâce à l’accent mis sur le transfert de connaissances.

Contacts :

Barbara Koch
Directrice générale du Cluster de recherche en durabilité dans le Rhin Supérieur (URCforSR)
Université de Fribourg-en-Brisgau
Tél. : +49 (0)761/203 3694
E-mail : ferninfo@felis.uni-freiburg.de
www.durabilite-rhinsuperieur.info

Alain Dieterlen
Vice-président valorisation de l’université de Haute-Alsace
Vice-président d’Eucor – Le Campus européen
Tél. : +33 (0)3 89 33 76 65
E-mail : alain.dieterlen@uha.fr
www.uha.fr

Thomas Hirth
Vice-président pour l’innovation et les affaires internationales du Karlsruher Institut für Technologie
Vice-président d’Eucor – Le Campus européen
Tél. : +49 (0)721/608 41030
E-mail : Thomas.Hirth@kit.edu
www.kit.edu

Christelle Roy
Chargée Stratégies et développements de l’université de Strasbourg
Tél. : +33 (0)3 68 85 70 85
E-mail : croy@unistra.fr
www.unistra.fr

Avec EURIdoc, le groupement trinational Eucor élargit son offre pour les doctorants internationaux. Le projet d’Eucor – Le Campus européen visant à mettre en place un nouveau programme doctoral en immunologie a été sélectionné par la Commission européenne. Dans le cadre du « Eucor Upper Rhine Immunology doctoral programme » (EURIdoc), 28 chercheurs effectueront leur doctorat dans le Rhin Supérieur. Les partenaires impliqués dans ce programme interdisciplinaire sont les universités de Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Strasbourg, le Karlsruher Institut für Technologie et l’hôpital universitaire de Fribourg-en-Brisgau. Le projet est prévu sur une durée de cinq ans avec un budget total de 6,8 millions d’euros, soutenu avec 3 million d’euros par l’Union européenne.

Les thèmes principaux d’EURIdoc sont l’hématopoïèse ainsi que le développement du système immunitaire, l’immunité innée et adaptative et des maladies immunitaires. Le projet porte également sur le problème immunologique le plus urgent de notre époque, le Covid-19, et prévoit, entre autres, de développer de nouvelles thérapies pour le SARS-CoV-2. La coopération allant au-delà du secteur universitaire avec quatre hôpitaux et dix partenaires industriels est à cet égard une base importante. Les doctorantes et doctorants auront ainsi la possibilité d’effectuer des séjours de recherche dans des entreprises pharmaceutiques de premier plan aussi bien que dans des entreprises de petite et moyenne taille.

« Je suis très heureuse du succès de nos chercheurs scientifiques, qui confirme notre force dans la région trinationale du Rhin Supérieur dans le domaine des sciences de la vie », a commenté Andrea Schenker-Wicki, rectrice de l’université de Bâle et présidente d’Eucor – Le Campus européen. « Avec ce projet, nous renforçons, en tant que groupement, notre axe stratégique en médecine personnalisée ». Le programme doctoral commun s’appuie sur une collaboration de longue date entre les immunologistes du Rhin Supérieur.

EURIdoc bénéficie d’un financement du programme COFUND des actions Marie Skłodowska-Curie, qui vise à promouvoir la mobilité des chercheurs et fait partie du programme-cadre de recherche de l’Union européenne Horizon 2020. C’est ainsi la deuxième fois que la Commission européenne retient un projet présenté par le groupement européen de coopération territoriale (GECT) Eucor – Le Campus européen dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020. Fondé en 2015 par les cinq universités de la région du Rhin Supérieur, Eucor – Le Campus européen est le premier GECT porté uniquement par des universités.

Déclarations des scientifiques

Christopher Mueller, CNRS / université de Strasbourg :
« Dans le cadre d’EURIdoc, nous souhaitons approfondir les bases de l’immunologie avec de jeunes scientifiques du monde entier, mais aussi travailler sur des applications. À long terme, celles-ci pourraient déboucher sur de nouveaux médicaments, vaccins ou thérapies, par exemple pour le cancer, les maladies virales ou auto-immunes. »

Wolfgang Schamel, université de Fribourg-en-Brisgau :
„Depuis 2017, notre travail s’articule en réseau sous la bannière de l’Upper Rhine Immunology group (URI) et nous organisons chaque année des ateliers cliniques et des réunions scientifiques. À côté d’un projet Seed Money* visant à relier par-delà les frontières nos programmes de master, EURIdoc constitue désormais une autre brique de la collaboration que nous bâtissons et de la formation en immunologie dans le Rhin Supérieur ».
*Seed Money est un instrument de financement propre à Eucor – Le Campus européen et qui vise à soutenir financièrement les projets transfrontaliers.

Gennaro De Libero, université de Bâle :
« L’implication de l’industrie se traduira pour les doctorantes et doctorants sous forme de mentorats, de séjours de recherche, de visites et de formations. Des entreprises de premier plan contribueront en outre au programme de formation, par exemple avec des séminaires sur la propriété intellectuelle ou sur l’entrepreneuriat. »

« Quantum Science and Technologies at the European Campus » (QUSTEC) offre aux jeunes chercheurs l’opportunité de choisir un établissement d’accueil pour effectuer leur travail de thèse. L’ambition du programme QUSTEC est de permettre à ses doctorants d’adopter une approche pluridisciplinaire regroupant en même temps les principaux champs de la science quantique.

C’est cet éventail de possibilités qui a séduit Aleena Joseph, doctorante à l’Institut de physique et chimie des matériaux de Strasbourg (IPCMS). « J’étais déjà décidée à étudier les sciences quantiques et plus particulièrement le magnétisme mais ce qui m’a fait choisir ce programme c’est son approche interdisciplinaire. La combinaison de deux champs d’étude est très importante pour l’approche que j’ai choisie dans ma thèse. » La jeune femme travaille sur les propriétés des matériaux magnétiques sous forte interaction entre la lumière et la matière, que les scientifiques appellent « couplage ». « Lorsqu’un système de matière est en fort couplage avec la lumière, un état hybride se forme. Les quasi-particules de cet état hybride sont appelées polaritons. Ils présentent un grand intérêt car ils montrent des propriétés mixtes de photons et de matière, ce qui ouvre la possibilité d’améliorer les propriétés magnétiques des matériaux », résume Aleena Joseph.

Même constat pour Alex Fétida, également doctorant à l’IPCMS : « Le programme QUSTEC permet une approche complète de la physique quantique, grâce à la pluridisciplinarité. » Après avoir suivi un master de physique appliquée à Lausanne, le jeune chercheur souhaite poursuivre ses travaux sur le magnétisme des surfaces observé par microscopie à effet tunnel. « Mon travail de master s’est concentré sur l’aspect imagerie du microscope à effet tunnel, je voulais continuer dans une perspective plus expérimentale », raconte le doctorant. Avec sa thèse il va pouvoir approfondir cette étude avec une tournure plus quantique. « Le microscope exploite une pointe-sonde métallique. L’approche novatrice de la thèse consistera à fonctionnaliser cette pointe avec une molécule et transformer ainsi le microscope en un magnétomètre quantique. Ceci ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine du nanomagnétisme. »

Mis en place au sein d’Eucor – Le Campus européen, le programme QUSTEC a bénéficié d’un financement de 9,1 millions d’euros de la part de l’Union européenne et des établissements partenaires. Il permettra de former 38 doctorants dans le domaine émergent des sciences et technologies quantiques.

Léa Fizzala / Université de Strasbourg

La doctorante Grazia Raciti effectue ses recherches sur la dynamique des phonons dans le cadre du programme QUSTEC d’Eucor – Le Campus européen. Ses expériences en laboratoire sont basées sur des miroirs, des lasers et beaucoup de doigté. Lorsqu’elle ne bricole pas elle-même avec le matériel, elle aide les étudiants dans leurs expériences.

Coronavirus oblige, Grazia Raciti porte un masque, lequel cache les expressions de son visage. Mais elle ne manque pas de compenser par des gestes. Assise dans la cafétéria du département de physique, elle parle de phonons, de lasers et de miroirs en faisant d’amples mouvements avec ses bras. Les phonons sont des vibrations à l’intérieur d’un solide. Elles peuvent se produire lorsqu’un rayon laser frappe un cristal. Selon le matériau, les phonons ont des propriétés différentes et présentent un spectre différent.

La grande salle semble déserte et les chaises ont été rangées avec soin le long des tables. En dépit des consignes invitant à travailler de chez soi, la jeune chercheuse peut travailler à la mise en place de son expérience au sein du laboratoire du « Nanophononics group » en respectant une alternance avec ses collègues. Elle a passé les cinq derniers mois à aligner correctement les faisceaux laser et les miroirs pour cette expérience.

« C’est un travail au millimètre près. La physique exige non seulement un travail mental, mais aussi de la dextérité », explique-t-elle. Ses mains dessinent dans l’air le tracé des lasers, qui sont dirigés à l’aide de miroirs sur différents matériaux avec un timing précis. Le phonon est alors excité et il est possible de suivre l’évolution de son spectre. « En étudiant le comportement des phonons dans le temps, nous en apprenons davantage sur le transport de la chaleur au sein des microstructures », ajoute-t-elle.

De l’Arno au Rhin
Grazia Raciti est venue à Bâle dans le cadre du programme QUSTEC. Elle a grandi en Sicile et rêvait de combiner son enthousiasme pour les mathématiques avec quelque chose de plus « tangible », même à l’école. « Étudier la physique expérimentale était la suite logique pour moi », se souvient-elle. Après sa licence à l’université de Catane, elle a obtenu un master à l’université de Pise.
« La recherche en physique se développe grâce au partage et à la collaboration au niveau international. Je savais donc que je devais quitter l’Italie après ma maîtrise ». Lorsqu’elle a soumis sa candidature à Bâle, elle ne connaissait pas encore la ville. Curieuse, elle a fait une recherche sur Google Images et y a trouvé quelque chose de familier : « Le Rhin avec le Pont du Milieu m’a rappelé l’Arno à Pise et cela m’a immédiatement donné confiance ».

Elle passe la plupart de son temps au laboratoire seule ou avec son postdoc. Le reste du groupe de recherche, elle le voit surtout sur l’écran. D’un geste de la main, elle désigne la terrasse sur le toit. « En été, nous nous asseyions souvent dehors à l’heure du déjeuner. » Elle espère que les déjeuners ensemble et les pauses-café seront bientôt à nouveau possibles. Même si le coronavirus rend les contacts sociaux difficiles en ce moment, la jeune chercheuse se sent très à l’aise au département de physique et apprécie l’environnement informel.

L’amour de l’enseignement
Les séminaires du département de physique offrent la possibilité de rencontrer des doctorants d’autres projets et de partager connaissances et expériences. Mais parfois, Grazia Raciti a l’impression d’être prise entre deux mondes. « En tant que doctorante, je suis employée par l’université. J’enseigne et je suis payée pour mes recherches”, dit-elle. Pour autant, elle se sent toujours très liée au monde étudiant. « Au début, tout était encore si nouveau et si excitant. Parfois, j’avais l’impression d’être en première année. »

Elle se sent également proche des étudiants lorsqu’elle enseigne. Dans le cadre du cours « Anfängerpraktikum Physik I », elle les aide à réaliser leurs expériences. « Voir ces étudiants apprendre me rend vraiment heureuse », commente-t-elle. « C’est pourquoi je veux poursuivre une carrière universitaire en faisant un postdoc. »

Programme QUSTEC
QUSTEC signifie Quantum Science and Technologies at the European Campus. Le programme de formation doctorale a été mis en place par le groupement Eucor – Le Campus européen. Le programme QUSTEC offre 39 postes pour de jeunes scientifiques dans le domaine des sciences quantiques. Chaque projet a une durée de 48 mois et se termine par l’attribution d’un diplôme de doctorat.

Universität Basel

Deux projets dans le domaine de la formation et six projets dans le domaine de la recherche et de l’innovation seront financés au cours de la quatrième période de financement du dispositif Seed Money d’Eucor – Le Campus européen. L’Assemblée du groupement universitaire s’est prononcée le 17 décembre 2020 sur la base des recommandations d’expertes et experts des cinq universités membres quant aux projets sélectionnés.

Chaque année, un budget de 300 000 euros est mis à disposition du groupement par les universités membres dans le but de favoriser la mise en réseau des scientifiques. En dépit de la pandémie actuelle, le dispositif de financement initial Seed Money a de nouveau rencontré un vif intérêt, avec 27 demandes déposées.

Voici les projets qui bénéficieront d’un financement par Seed Money en 2021 :

Catégorie « Formation » :

Catégorie « Recherche et innovation » :

1. Domaine Physical Sciences & Engineering

2. Domaine Life Sciences

3. Domaine Social Sciences & Humanities