Peu après le confinement, un grand nombre de personnes s’est engagé de manière bénévole pour les personnes appartenant à des groupes à risque – principalement via des plateformes en ligne. Selon une étude des universités de Bâle, Fribourg-en-Brisgau et de la ZHAW Winterthur, de telles offres peuvent également avoir un effet positif à long terme quant à la mobilisation, la performance et la satisfaction des bénévoles.

Dès le début de la pandémie de Covid-19, l’importance du bénévolat est apparue clairement : des milliers de personnes se sont portées volontaires spontanément et pour la plupart en dehors des structures officielles pour acheter de la nourriture pour d’autres ou apporter leur aide sous une autre forme, par exemple en venant soutenir le système de santé. Contrairement aux crises précédentes, toutes les personnes concernées étaient exposées au même risque d’infection. Les interventions ont donc été principalement organisées via diverses plateformes en ligne réunissant les personnes offrant leur aide et celles en quête d’assistance.

Les offres d’aide ont clairement dépassé la demande
Sur toutes les plateformes, l’offre d’assistance a largement dépassé la demande. Des chercheurs du Center for Philanthropy Studies CEPS de l’université de Bâle, avec des collègues de l’université de Fribourg-en-Brisgau et de la ZHAW Winterthur, ont étudié l’importance des plateformes en ligne pour la motivation et l’engagement des volontaires. Ils rendent compte de leurs conclusions dans le magazine « Nonprofit and Voluntary Sector Quarterly ».

Leur enquête auprès d’un échantillon de 565 volontaires d’une grande plateforme montre que la mise en ligne peut canaliser le surplus d’aide et ainsi réduire les fausses attentes. De plus, les plateformes liées au coronavirus ont offert des informations sur les questions sanitaires et de sécurité dans le cadre de la mission d’assistance, ce qui a eu un effet positif sur la satisfaction des volontaires.

En outre, plus les volontaires actifs craignaient une éventuelle infection par le virus, plus ils étaient satisfaits. Les chercheurs voient une explication dans le fait que le travail bénévole a renforcé la confiance en soi des volontaires, et ceci d’autant plus qu’ils voyaient un risque pour eux-mêmes.

Disposition à un engagement à long terme
« Un niveau de satisfaction plus élevé du fait de l’engagement spontané renforce la disposition à s’engager à long terme par la suite », explique Georg von Schnurbein, professeur d’administration des fondations à l’université de Bâle et co-auteur de l’étude. « L’importance du travail bénévole pour notre société est immense – pas seulement en temps de crise. »

L’engagement à long terme est important pour de nombreux domaines de la société, dont la santé et les services sociaux ou encore le travail culturel et avec la jeunesse. Selon la dernière enquête, 665 millions d’heures de travail bénévole ont été effectuées en Suisse en 2013, tandis que le travail rémunéré dans l’ensemble du secteur de la santé et des services sociaux s’élevait à 853 millions d’heures.

Publication originale
Stefan Trautwein, Florian Liberatore, Jörg Lindenmeier, Georg von Schnurbein
Satisfaction with Informal Volunteering during the COVID-19 Crisis: An Empirical Study Considering a Swiss Online Volunteering Platform
Nonprofit and Voluntary Sector Quarterly (2020), doi: 10.1177/0899764020964595

Université de Bâle